Premier bateau commercial au port de Kribi

Le 2 mars 2018 au port en eau profonde de Kribi, l’accostage d’un premier bateau commercial transportant 8 500 conteneurs a fait sensation. Long de 335m, pour un poids de 90.000 tonnes de charges brutes, le navire CMA CGM Bianca est le plus grand bateau ayant jamais accosté dans un port camerounais.
C’est en présence du préfet du département de l’Océan Antoine Bissaga, et du directeur général de Bolloré Logistics pour le golfe de Guinée, Mohamed Diop qu’a eu lieu le lancement des activités de cette infrastructure considérée comme la plus importante plateforme portuaire sur toute la côte ouest-africaine.
Il est maintenant prévu que le gouvernement camerounais accélère la sélection d’un concessionnaire pour le terminal polyvalent. Ce dernier attend ses opérateurs depuis le constat de la défaillance de la société française Necotrans, qui avait été désignée adjudicataire du contrat de concession en août 2015, en groupement avec un consortium de neuf entreprises locales, regroupées au sein de la société KPMO (Kribi Port Multi Operators).

Voici les réactions de personnalités autour de cette avancée notable pour l’économie camerounaise.

Jean-Paul Simo Njonou, Président du Conseil d’Administration du Port Autonome de Kribi

«Tirer profit de la profondeur du tirant d’eau»

Avec la signature du contrat de concession pour l’exploitation et le développement du terminal à conteneurs, on peut dire que les amarres sont désormais lâchées. Le Port de Kribi va être opérationnel ! Notre souhait est qu’il tire profit, sans jeu de mots ni modération, de ses avantages comparatifs, singulièrement celui en rapport avec la profondeur de son tirant d’eau, pour aller à l’assaut du gros trafic international.

Patrice Melom, Directeur général du Port Autonome de Kribi

«C’est la première fois au Cameroun qu’un tel processus est mené efficacement à son terme»
C’est vrai la mise en service effective que nous célébrons aujourd’hui a pris un certain temps. Déjà il faut dire c’est la première fois au Cameroun qu’un tel processus est conduit et mené efficacement à son terme. On s’était rendu compte, sur le fil, qu’il ya beaucoup d’activités préalables à mener en amont pour préparer la mise en opération du port. Ces activités supposent des interactions avec beaucoup d’acteurs. Si je prends seulement l’exemple de la négociation d’un contrat elle peut durer deux trois mois, mais elle peut aussi durer deux ans parce que chaque partie souhaite que cela se passe au mieux de ses intérêts. J’aime donc autant vous dire que, sans nous jeter des fleurs, nous avons tout fait pour que les intérêts du Cameroun soient préservés dans ce processus. Je comprends évidemment que les populations s’impatientent. C’est projet dont on parle depuis des décennies ; c’était devenu même comme un mirage.

Daniel Lallemand, Directeur général de Kribi Container Terminal (KCT)

«Offrir aux industries et filières agricoles un outil d’excellence»

Cette infrastructure doit permettre de faciliter la circulation des flux de marchandises et d’offrir à l’ensemble des industries et des filières agricoles du Cameroun un outil d’excellence pour augmenter leurs exportations. Grâce à l’expertise des actionnaires de Kribi container Terminal dans la gestion des terminaux portuaires, nous escomptons une baisse des coûts, propice à la croissance des volumes. À cet effet, une politique tarifaire pour ce qui est des prestations bord et terre va être mise en oeuvre. Nous comptons également assurer une planification fiable à travers des fenêtres d’accostage et une rotation judicieuse des camions sur le terminal. Aussi, envisageons-nous d’assurer le tracking via le web en vue d’assurer à nos clients, le monitoring de leurs activités en temps réel.

Modeste Akoo, Directeur d’exploitation du Port en eau profonde de Kribi

«L’impact économique profite à la fois aux navires et au marchandises locales»

Le Port de Kribi, au démarrage de ses activités d’exploitation commerciale, se positionne comme un hub dans le Golfe de Guinée, en offrant aux navires de grand tonnage, la possibilité de relayer à partir de ses terminaux, des trafics en provenance ou à destination des autres continents. Il permettra ainsi aux ports existant d’éviter la marginalisation dans la conquête des trafics internationaux et à notre économie d’améliorer sa compétitivité, ne fut-ce que par la vitesse des actifs circulant imprimée sur le passage des marchandises en direction ou en provenance des marchés mondiaux. L’impact économique de ce gain de temps profite à la fois aux navires et au marchandises locales, qui gagnent aussi en termes de baisse des taux fret, induite par l’usage de navires de grandes capacités, dégageant des économies d’échelle.

Alain Patrick Mpila, Directeur de l’Aménagement

«L’autoroute Lolabé-Kribi sera complétée par le tronçon autoroutier Kribi – Edéa»

La place de l’autoroute est liée à la problématique plus large des infrastructures de desserte du PAK, notamment pour gérer l’augmentation conséquente et progressive des flux (trafics) à destination et en provenance du Port, en particulier s’agissant du bois en grumes et débités, des conteneurs et des hydrocarbures qui sera induite par le mise en exploitation du Port. L’autoroute Lolabé-Kribi (réalisé à environ 78%) qui devra être complété par le tronçon autoroutier Kribi – Edéa à moyen terme a été conçu sur la base des projections de trafics faites à date et des besoins exprimés par les chargeurs [exportateurs et importateurs] qui souhaitent notamment voir assurer dans de bonnes conditions d’accès la desserte du Port.

 

J. E (Source Kribi Port N°3)