Les premiers jours de 2018 ont marqué le lancement de la distribution gratuite de 500 000 ordinateurs portables aux étudiants camerounais dans le cadre du programme «higher education vision» du président Paul Biya.

Malgré ces nouvelles rassurantes, les critères et conditions de répartition suscitent encore des interrogations. Tout le monde aura-t-il son ordinateur ? Les critères seront-ils clairs pour tout le monde sans risquer de provoquer des mécontentements à l’approche de consultations électorales importantes ?

Selon des chiffres de l’année 2017, le nombre d’étudiants dans les universités camerounaises et les institutions supérieures privées s’élève à plus de 500 000, répartis dans 214 institutions où 5 000 enseignants et 4500 personnels d’appui s’occupent de les encadrer, d’après les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup).

Selon un rapport du ministère de la Promotion de la Femme et de la famille (Minproff) publié en 2012, «l’effectif des garçons est resté supérieur. En 2009, le ratio filles-garçons était d’environ 72 filles pour 100 garçons».

La percée des nouvelles étudiantes

Mais depuis 8 ans, les choses ont évolué. En 2012 déjà, le Minproff notait une hausse du nombre de filles dans les amphis : « L’évolution du nombre d’étudiantes dans l’ensemble des universités d’Etat a augmenté de 87% entre 2005 et 2009. Cette tendance à la hausse est constatée dans tous les domaines d’études, mais est beaucoup plus impulsée par trois domaines : formation des enseignants, sciences de l’éducation, arts lettres et sciences humaines dont les effectifs ont plus que doublé durant cette période».

Dans l’éventualité où cette tendance à la hausse s’est confirmée depuis huit ans, il se peut que l’écart numérique entre filles et garçons ait fortement été réduit dans les campus.

Quand les garçons se disqualifient

Mais ce n’est pas tout. En considérant le critère qui voudrait que les ordinateurs soient attribués aux étudiants ayant réglé leurs frais de scolarité en une seule traite, nombre de garçons pourraient se retrouver disqualifiés.

«Les filles n’aiment pas se mettre dans les files pour régler leurs frais de scolarité, et préfèrent subir cette épreuve une seule fois si elles ont le choix», note un personnel de l’Université de Yaoundé II à Soa.

« Par contre, poursuit notre source, les garçons aiment prendre des risques avec leurs frais de pension ; il leur arrive souvent de payer seulement la première tranche même s’ils ont reçu la totalité des frais. On pourrait être surpris de voir une majorité de filles éligibles à cette opération».

Joël Efoudou