La danse, c’est toute sa vie. Ou presque. «J’étais une personne très timide et j’ai commencé la danse comme une thérapie. De la thérapie est née une passion», confie Carine Bahanag, promotrice et chorégraphe principale de la Compagnie Dzoe. Elle a posé ses valises le 18 avril 2018à l’École des Sables du Sénégal, un centre international de formation et de création en danses traditionnelles et contemporaines d’Afrique où elle suit une formation.

Ceci, en vue de l’obtention d’un diplôme dans cette discipline. «Ils ont lancé un appel à candidatures, j’ai postulé et j’ai été retenue. De 2018 à 2020, nous allons passer 3 mois ici pour la formation», précise-t-elle.Ici, elle apprend la technique Acogny développée par la «mère» de la danse africaine, Germaine Acogny, par ailleurs promotrice de cette école.

«La technique Acogny permet de découper les danses traditionnelles pour mieux se les approprier et, plus important, de structurer le corps du danseur», explique Carine Bahanag. Les danses traditionnelles, c’est son dada à elle, Carine. «J’ai fait la danse sportive, ensuite je me suis intéressée aux danses traditionnelles. J’ai noté un manque criard de documents sur la question et j’ai décidé d’en faire mon cheval de bataille pour la postérité», justifie l’ancienne membre de l’équipe nationale de danses sportives et assimilées.

En décembre 2018, elle a entamé une thèse de doctorat en anthropologie de la danse à l’université de Paris X Nanterre (France), sur le thème «La transmission des danses traditionnelles camerounaises dans le contexte professionnel contemporain». Thèse qu’elle va soutenir dans quelques années si tout va bien.

Elle vient de décrocher avec mention à l’Université de Yaoundé I, son Master 2 en arts du spectacle, option production théâtrale sous le thème «Le langage des danses traditionnelles camerounaises en situation de spectacle : cas des danses Mengan, Ozila et Adouyayé». Elle est soutenue dans ses recherches par l’Institut français du Cameroun (Ifc), où elle a été tour à tour animatrice culturelle puis chargée de communication.

A 28 ans, Carine Bahanag a les projets plein la tête. Elle travaille actuellement sur deux pièces : l’une en solo et l’autre en duo. Parallèlement, elle est sur d’autres projets initiés notamment par le Collectif de femmes artistes El’Art, dont elle est la cofondatrice.

 

Patricia Ngo Ngouem