Avant le mariage du prince Harry et Meghan, immense fut ma joie de voir les célébrités d’Hollywood parler de leur maman. Un vrai sujet ! Je me demande d’ailleurs pourquoi les Américains ont placé cette célébration mi-mai, prenant quatorze jours d’avance sur les Français (et donc sur nous). De toute façon, je crois que ça aurait fait bizarre de fêter nos mamans en préparant le 20 mai. Et puis bôf : si vous insistez, on essaie la prochaine fois !

Donc : l’article. On y rencontre l’acteur Orlando Bloom : «Un dîner important avec ma mère, qui me fait ce ragoût depuis aussi loin que je me souvienne». Mignon. Madonna poste une photo de feue sa mère, qui «a beaucoup souffert et n’a pas été encouragée à poursuivre (ses) rêves». Poignant. Le chanteur canadien Justin Bieber fait coucou à la sienne : «Tu m’as tout appris, tout ce que tu m’as donné, je le garderai en moi». Tu m’étonnes. «Belle. Douce. Forte. Humble. Joyeuse fête des mères», écrit la star des Barbades Rihanna (ou son attaché de presse), tandis que Janet Jackson, chanteuse de Super Bowl (je me comprends) griffonne : «Je n’ai rien oublié de tout ce que tu m’as appris, et maintenant je vis la même chose avec mon bébé».

Après ça, je suis allé fouiller les plus belles tirades possibles. Camara Laye par exemple : «Femme noire, femme africaine, Ô toi ma mère, Merci, merci pour tout ce que tu fis pour moi, Ton fils si loin, si près de toi. Femme des champs, femme des rivières femme du grand fleuve, ô toi, ma mère je pense à toi…»

Ou encore Prince Nico Mbarga et le Rocafil Jazz (débrouillez-vous pour traduire, moi je suis bilingue comme mon pays) : «Sweet mother I no go forget you. For dey suffer we you suffer for me yeah. When i dey cry my mother go carry me. She go say my pikin wetin you dey cry yeah yeah. Stop stop! stop stop!! stop stop!!! Make you no cry again oo».

Okay j’avoue: si je laisse les autres parler des mamans, c’est que la mienne, j’ai toujours supposé qu’elle n’avait pas besoin de poèmes, puisqu’elle n’a jamais versé dans ces choses mielleuses. Faut croire qu’elle pense aux enfants qui n’ont plus leur mère, du coup elle la joue sobre. Ça me va ! Donc : s’il y a un pagne des mères, dites-moi, j’enverrai six yards à la mienne. Mais pour les mots enrobés de sirop, merci ça ira. Au pire, si je me retrouve avec elle dans ma voiture pendant la fête des mères, à la limite je ferai jouer la chanson «Sweet Mother». Et encore, je la mettrai en garde : La mère ! N’écoute pas trop cette chanson qui dit que les mamans sont sucrées et tout. A force, tu pourrais avoir des soucis de diabète !

Bisou sur les joues de toutes les mamans: discrètes, futures, éloignées, empêchées ou disparues. Même quand nous crions pour ne rien dire, vous avez toujours su qu’on vous aime.

Thierry Minko’o