Elle n’en est pas peu fière, Arielle Kitio, de son nouveau logiciel destiné aux tout-petits qui sera officiellement présenté au public ce vendredi 18 mai 2018 à Yaoundé. «AbcCode est un logiciel ludique et intuitif qui permet d’initier les enfants, dès le plus bas âge, au codage et à la robotique dans leur langue maternelle. Ce logiciel est à usage personnel ou scolaire. C’est-à-dire qu’un enfant qui a un ordinateur à la maison peut utiliser ce logiciel. On peut également l’utiliser à l’école comme complément en informatique», explique la fondatrice et CEO de Caysti (Cameroon Youth School Tech Incubator), un centre d’innovation technologique adressé à des jeunes de 10 à 19 ans.

Son émotion est d’autant plus forte qu’il s’agit du tout premier logiciel créé par sa boîte, dont l’existence légale remonte à février 2017. «C’est le premier bébé de Caysti», affirme-t-elle, la voix pleine de trémolos.

Mais la jeune entrepreneure a le triomphe modeste. Ce programme informatique, tient-elle à préciser, est le fruit d’un travail d’équipe avec des jeunes passionnés par la technologie et l’éducation avec qui elle collabore. «Notre mission est de semer en chaque jeune, la graine de l’amour de la science et de la technologie pour pouvoir réaliser son potentiel et résoudre les problèmes sociaux», explique cette doctorante en génie informatique à l’Université de Yaoundé I, qui a également fait ses classes à l’Institut national polytechnique de Toulouse (France).

Âgée d’une vingtaine d’années, Arielle Kitio est en effet convaincue que les TIC peuvent permettre à l’Afrique de relever plusieurs défis liés à son développement. C’est la raison pour laquelle elle pense qu’il est important d’amener les jeunes, dès l’enfance, à utiliser les technologies comme des «outils funs et puissants pour pouvoir adresser des problèmes dans n’importe quel domaine». Sa boîte nourrit d’ailleurs l’ambition de former les leaders technologiques qui pourront «contribuer considérablement au développement socioéconomique de nos communautés, voire de l’Afrique».

Grace à ses connaissances acquises à l’école et lors des stages de formation, notamment celui effectué dans l’entreprise américaine Juniper Networks, Arielle Kitio espère transmettre le virus du codage et de l’informatique à ses jeunes protégés.

 

Patricia Ngo Ngouem