Après la première édition du Douala Art Fair, foire d’Art contemporain et du Design au Cameroun, la promotrice fait une évaluation à chaud.

 

Considérez-vous les objectifs atteints pour cette première édition ?

L’objectif était que les artistes vendent. Les artistes doivent vendre encore et toujours : c’était ça mes premières attentes. Et ensuite créer une génération d’acheteurs. Et pour les créer ce n’est pas qu’ils achètent pour aujourd’hui, pour demain. Et qu’elle s’y intéresse de telle sorte que lorsqu’elle ira demain à la Galerie Mam ou à Doual’Art ou dans d’autres lieux d’expositions, qu’elle ait un avis. Au Cameroun quand on est  jeune on n’a pas le droit d’avoir un avis, on n’a pas le droit de ressentir quelque chose. Or, une œuvre d’Art on vous demande de pleurer si vous voulez pleurer, de rire si vous voulez rire, de vous exprimer si vous voulez vous exprimer, de dire j’aime ou j’aime pas. Et dans la vie d’un être, c’est très important.

Et à titre personnel ?

Moi je suis une passionnée, je suis une personne qui achète de l’Art. C’était évident pour moi de faire un évènement comme ça parce que c’est pas intéressant qu’on dise “Oh elle achète de l’Art”. Mais il faut qu’on dise “Ils sont nombreux ces jeunes qui achètent de l’Art”. Que nos parents  soient justement surpris par cela. Je voulais inspirer une nouvelle génération à se dire rien ne se fait si nous même nous ne sommes pas acteurs.

On a observé beaucoup d’engouement autour du Prix Barthélemy Togouo. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Bathélemy Toguo a fait beaucoup pour  l’art contemporain et pour moi c’est quelqu’un qui a fait pour le Cameroun. Comme vous pouvez le savoir, beaucoup d’artistes cartonnent à l’étranger  mais peu de ces personnes font des choses localement. Il a préféré de faire sa première action pas à Douala, à Yaoundé, mais il a choisi de la faire à Bandjoun et ça veut dire beaucoup de choses. Son travail est reconnu dans le monde, dans toutes les foires internationales, dans toutes les galeries du monde et parce que aussi, il fait localement et beaucoup d’artistes qui ont exposé durant cette foire (Douala Art Fair) sont passés notamment par des résidences à Bandjoun Station.

Un mot sur le vainqueur ?

Le jeune Dongmo qui a remporté ce prix, gagne une résidence à Bandjoun Station. Ca veut dire que son voyage, son matériel de création, son accompagnement sont gérés par Bandjoun (Station). Ça peut être pendant un mois, pendant deux mois. L’équipe sur place assiste à sa réflexion afin qu’il sorte de là avec un super projet.

 

Propos recueillis par Valorien Noubissi

(Photo Patrick Nelle)