La journaliste Irène Gaouda vient de publier «L’épopée glorieuse des amazones Massa» au Sénégal où elle poursuit ses études, en vue de l’obtention d’un master en sciences et techniques de l’information. Journaliste de formation, cette jeune écrivaine nous parle de ce deuxième ouvrage.

Vous venez de publier votre deuxième roman. C’est quoi l’intrigue ?

The Enticing Legend of the Massa Warriors (L’épopée glorieuse des amazones Massa), paru en mai 2018 aux éditions Osmose, se présente comme une saga à la gloire des guerriers inconnus, dont la bravoure a été effacée au profit de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation en Afrique. Le livre illustré (format roman) s’étale sur 90 pages et compte deux parties. La première fait la part belle à une enfant de 10 ans qui endosse le costume de narratrice pour conduire le lecteur à la seconde partie qui, en réalité, est une légende. Cinq amazones rodées aux combats épiques rentrent triomphalement d’une mission de 100 ans. A leur arrivée, elles découvrent avec stupéfaction que leur royaume, une forteresse située non loin du Nil, a été mis à sac par des inconnus. Sans repère, elles se lancent à la recherche de leurs parents kidnappés.

Pourquoi les amazones Massa comme personnages principaux ?

En réalité, bien de peuples à travers le monde ne connaissent de l’Afrique que son passé lié à l’esclavage et la colonisation. Que ce soit dans des livres de religion ou de grandes conquêtes et expéditions, l’Afrique a le plus souvent occupé une place marginale quand elle n’est pas royalement ignorée. Pourtant, bien de choses se passaient avant ces heures sombres de notre continent. Les cinq amazones Massa sont l’incarnation même du courage et de la témérité qui ont toujours caractérisé la femme africaine. D’autre part, ce modeste travail est un coup de pied dans la fourmilière. Il y a des travaux de recherche en cours sur le peuple Massa que l’on a souvent assimilé aux Maasaï du Kenya. Y a-t-il une similitude entre les deux ? Et à quel niveau ? En tout cas, l’on ne perd rien à attendre.

Votre premier roman, «La chèvre de ma grand-mère», était rédigé en français. Celui-ci l’est en anglais…

Je ne me suis vraiment pas posé la question de savoir dans quelle langue il fallait partager ce récit avec le reste du monde. Cela m’est venu spontanément. Mais cette légende nous rappelle aussi l’histoire de Grendel and the Dragon dans Beowulf, l’un des plus vieux témoignages écrits de la littérature anglo-saxonne dont on situe la composition entre la première moitié du VIIème siècle et la fin du premier millénaire. Cette œuvre majeure, dont l’auteur reste inconnu à nos jours, figurait au programme à l’université de Buea et nous avons eu la chance de l’étudier.

Vous êtes journaliste à la base. Pratiquez-vous encore ce métier ?

Quand on a aimé ce métier-là, on ne le quitte pas ! On le pratique, mais à des fréquences différentes sur des supports différents.

 

Propos recueillis par Patricia Ngo Ngouem

(Crédit photo : Jos Van Dinther)