Cette fois, nous n’échapperons pas à la question des  tatouages. Pourquoi ? Parce qu’au moment où le Nigeria a encaissé le deuxième but face à l’Argentine mardi dernier, j’ai vu s’élever les bras lourdement tatoués de Marcos Rojo et Lionel Messi les deux bourreaux des Super Eagles.

Ces tatouages ont-ils pesé ? Est-il possible que l’on devienne un excellent joueur de foot parce qu’on a ajouté des tatouages à sa panoplie de sportif de haut niveau ?  Les footballeurs africains ont-ils des problèmes de concentration en fin de match parce qu’ils ne sont pas tatoués ou que leurs tatouages se voient moins à cause de la peau noire ? A vrai dire, j’échafaude toutes ces inepties du moment que le Cameroun ne participe pas à cette Coupe du monde sous zodiac poutinien. Rien à perdre !

Plus sérieusement : si les tatouages faisaient marquer des buts, Lionel Messi serait devenu meilleur scoreur de ce mondial dès la première journée, loin devant Cristiano Ronaldo. Mais visiblement les tatouages de l’Argentin n’ont pas plus effrayé les gardiens adverses que les frappes sèches du Portugais qui, lui, n’est pas tatoué !

Puisque les Lions Indomptables n’y sont pas, beaucoup parmi mes potes ont choisi qui le Brésil, qui la France, l’Allemagne ou l’Espagne. Moi j’espère seulement que le type qui brandira le trophée le 15 juillet prochain n’aura pas les bras tatoués. Tant pis, chacun souhaite ce qu’il veut devant sa télé, surtout quand il a des enfants à la maison.

Les tatouages, ça me donne toujours l’impression que la peau est une copie d’examen qu’un élève cancre aurait profanée avec des ratures. Vous allez me dire : oui euh les gens font ce qu’ils veulent de leur peau, tout ça. Okay mais imaginez la stupidité du truc : se laver avec du savon de Marseille ou de Mbouda (je vous laisse choisir) et continuer à avoir la peau zébrée de lignes zarbi comme si on a dormi chez le marabout à même le sol. Pourquoi prendre un bain tous les jours si ce n’est pas pour avoir une peau nette ? Vous-mêmes dites-moi un peu !

On me souffle dans l’oreillette que cette dernière question est à la fois naïve et vieux-jeu. Motif : les tatouages de nos jours sont utilisés comme parures «in». Une fille aux hanches tatouées a, paraît-il, davantage de sex-appeal. Un gars musclé en impose terriblement s’il est tatoué de partout, ai-je appris. Mais là je rigole messieurs dames ! Imaginons Baba Danpullo l’homme le plus riche du Cameroun, qui voudrait afficher son caractère ou séduire les jeunes ! Il déciderait quoi ? Se faire tatouer sur le front une liasse de dollars, à moins que ce soit un coffre-fort ? Je vois ça d’ici !

Mais revenons à notre Coupe du monde. Il y a quatre ans, le trophée semblait sourire au capitaine Lionel Messi avant de réaliser qu’il était couvert de tatouages. Vous connaissez la suite. Car le gars qui brandit le trophée à la fin n’a jamais eu de tatouage apparent. Que ce soit l’Allemand Philip Lahm en 2014, l’Espagnol Iker Casillas en 2010, l’Italien Fabio Cannavaro en 2006, le Brésilien Cafu en 2002, le Français Didier Deschamps en 1998, le Brésilien Dunga en 1994 ou encore l’Allemand Lothar Matthaus en 1990. Et en on peut remonter comme ça jusqu’au début. Et cette année encore, vous verrez que la Coupe du monde ne se jettera pas dans les bras du premier tatoué venu ! Consolons-nous : au moins cette prédiction sera partie de Yaoundé…

 

Thierry Minko’o