Elle est le fer de lance du mouvement nappy au Cameroun qui fait reculer la tendance des défrisants, greffes, perruques et autres extensions artificielles.  «J’étais fatiguée des repousses, des brûlures sur la tête à cause des défrisages à répétition, et en plus ça me coûtait cher», se rappelle-t-elle.

Pour Elise Nyemb, la femme noire doit se sentir bien dans sa peau : «On ne doit pas avoir honte d’être telles que la nature nous a faites, avoir honte de sa chevelure c’est comme avoir honte de sa peau…».

De vidéo en vidéo et d’exercice en exercice, elle a commencé à se coiffer elle-même et à fabriquer ses propres produits pour l’entretien de ses cheveux. Puis elle crée le blog «Les bidouilles d’une Nappy», qu’elle décline aussi en page Facebook. Une communauté nappy locale commence à se créer. En 2013, Elise Nyemb organise le salon «So Natural So Me», la première rencontre physique de cette communauté naissante, avec des ateliers et débats.

En 2015, Jessica Ngoua s’inscrit au concours Miss Cameroun. Elle franchit la première étape en étant élue Miss Littoral. Mais avant d’affronter la grande finale nationale, la communauté nappy tout entière s’est mobilisée en sa faveur, et Jessica a finalement été élue : pour la première fois de l’histoire, la Miss Cameroun est une jeune fille sans cheveux défrisés.

Dans la foulée Elise a créé My Place, le premier salon de coiffure réservé exclusivement au traitement du cheveu naturel dans la ville de Douala.

Mariée et mère de trois enfants (dont aucun n’a bien sûr les cheveux défrisés), elle travaille à temps plein dans son propre salon de coiffure.

 

A lire dans ICI N° 88 en kiosque

Sujet  Patrick Nelle