L’initiative est portée par cette femme, CEO et fondatrice de Cordia Prod, une société de production audiovisuelle basée à Douala. Elle revient sur la genèse du projet de construction du monument de l’un des doyens du cinéma camerounais.

 

D’où vous est venue l’idée d’ériger une statue de Jean-Pierre Dikongué Pipa sur la Place des cinéastes à Ouagadougou, au Burkina Faso ?

L’idée est partie de notre séjour en 2017 au Burkina Faso, à l’occasion du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, Ndlr). Sur la Place des cinéastes étaient érigées des statues de plusieurs cinéastes africains, notamment ceux ayant remporté le prestigieux titre de l’Étalon d’or de Yennenga (la plus haute récompense du Fespaco, Ndlr). Dikongué Pipa, le seul Camerounais à avoir décroché cette grande distinction du cinéma africain en 1976 avec son long métrage «Muna Moto», n’y était pas. La fibre patriotique a emmené Cordia Prod à entreprendre le projet de construction du monument. Nous avons effectué toutes les démarches nécessaires au niveau du Burkina et du Cameroun. Et le cinquantenaire du Fespaco, en février 2019, nous semble opportun pour l’aboutissement du projet.

L’on suppose que le cinéaste est partie prenante de ce projet…

Jean-Pierre Dikongué Pipa est au cœur du projet. Nous venons d’ailleurs d’achever avec lui le tournage d’une vidéo d’appel à la participation de tous. Il prête ainsi son image pour la grande campagne communicationnelle qui débute bientôt.

Un tel projet est généralement du ressort du gouvernement camerounais ou de structure mandatée pour…

Selon le règlement qui régit la pose des monuments des «Etalons» sur la Colonne des cinéastes à Ouagadougou, l’initiative doit venir du pays d’origine du lauréat. Soit du gouvernement, des entreprises publiques ou privées, des Ong ou même des personnes physiques. L’essentiel étant de réunir les fonds pour la fabrication et la pose du monument. Nous avons saisi le Fespaco et la mairie de Ouagadougou comme les règles l’exigent. Le Fespaco nous a délivré l’autorisation nécessaire. Nous avons saisi la tutelle au Cameroun (le ministère des Arts et de la Culture, Ndlr) pour la caution de l’Etat. Nous évoluons dans l’organisation du projet avec l’État du Cameroun. Nous avons eu des séances de travail avec  la direction de la cinématographie au Minac. Nous avons organisé, ensemble, la cérémonie de lancement du projet le 17 mai dernier à Douala. Bref, c’est un projet national et Dieu merci, il rencontre l’adhésion de tous ceux que nous approchons.

 

Propos recueillis par Patricia Ngo Ngouem