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Le phénomène Daphné!

Entretien avec la nouvelle star de la chanson

Daphné, 29 ans, c’est une voix flutée pour de belles mélodies d’amour. Cette étoile montante de la musique urbaine a réussi à conquérir les coeurs de nombreux mélomanes et compte aujourd’hui plus de 12 millions de vues sur Youtube grâce à son titre Calée.

Daphné nest pas là. Son téléphone ne passe plus. Pearl Louma, sa jeune manager, présente avec nous sur le lieu du rendez-vous, est embarrassée. «Face à de multiples sollicitations, il lui arrive doublier», bredouille-t-elle. Elle propose un plan B : rejoindre l’artiste dans les studios tv de Canal2 International, où elle participe à une émission de divertissement. La star est bien en place. En pleine séance de maquillage. Déjà annoncée sur le plateau, Daphné prend néanmoins soin de rectifier elle-même, en lieu et place de la maquilleuse, le trait dun sourcil qui ne semble pas à la place souhaitée. Aucun détail nest à négliger ; en matière d’image, notre idole ne fait rien à la légère.
Notre photographe a eu l’occasion de se frotter à cet esprit pointilleux quand il s’est vu obligé de reporter la séance photos. En effet, l’artiste exige au préalable une maquilleuse, là où plusieurs de ses confrères et consœurs se seraient exécutés sans complication. Une exigence légitime propre aux professionnels, quoiqu’un peu agaçante.
Une rigueur qui, cependant, n’enlève rien à ce visage sympathique. Daphné, toute décontractée, confesse ne plus avoir assez de temps pour elle-même mais beaucoup plus pour ses fans. Ce qui n’était pas le cas, il y a quelques années en début de carrière. «J’étais trop triste et m’ennuyais parfois à ne rien faire». Aujourdhui, avec plus de 12 millions de vues sur YouTube grâce à son tube Calée, elle est top 10 des artistes les plus suivies en Afrique.

Bénédiction maternelle
Une reconnaissance qui na pas laissé indifférente la concernée. «Ça me donne le sentiment de faire quelque chose de bon et daller de lavant. Et j’en suis fière», souligne-t-elle. Un choix de carrière auquel na pas adhéré au départ sa génitrice, mais qui a fini par se plier face à la détermination de sa fille. «Ma mère voulait faire de moi une journaliste ou une avocate. Mais après avoir écouté deux de mes chansons, notamment, Mothers Love et  Rastafaraï, elle a fondu en larmes et ma demandé pardon. Elle ma dit quelle ne savait pas que c’était si sérieux et que si c’est la voie que jai choisie, elle me donne désormais sa bénédiction».
Une onction maternelle qui amène Daphné à se surpasser et à se mettre davantage au travail. C’est ainsi quelle se lance dans la musique en 2013 et sort son premier opus, Here to stay en 2015. Avant cela, il y a eu un single, Refection en 2014. Suivent plusieurs singles dont Ndolo en 2016, un featuring avec Ben Decca qui lui permet de grimper dun cran au meilleur classement des hit-parades. Viendra la consécration en 2017 : le titre Calée la campe au sommet des hit-parades. L’artiste, qui na pas fini de faire découvrir tout son talent, revient dans la même année avec Promets-moi, un single aux relents d’amour. Cette dernière trouvaille compte déjà plus de 2 millions de vues sur Youtube depuis sa sortie au mois de novembre.
L’amour. Une thématique régulièrement reprise dans ses chansons qui serait, d’après ses explications, inhérente à sa personnalité, et à travers laquelle la star réussit à fédérer, avec de très belles mélodies, de nombreux mélomanes camerounais et étrangers. «Je pense qu’en ce qui me concerne, tout en moi est amour. Je dégage beaucoup l’amour. Mon sourire est amour. Mon regard est amour. Je respire en moi-même l’amour. Je ne me rappelle pas dans mon entourage, avoir haï un jour quelqu’un. L’amour est quelque chose d’inévitable pour moi. Si j’avais à me décrire un jour, je dirai simplement que je suis amour». Cela ne l’empêche nullement d’aborder d’autres sujets comme la paix et l’unité.

Distinctions
Daphné Njie Efundem à l’état-civil n’aime pas l’expression «artiste anglophone» utilisée par certaines personnes pour la présenter. Elle préfère celui d’artiste camerounaise tout court. En effet, en bonne citoyenne née à Buea et ayant grandi à Douala, dont les fans se comptent en milliers indistinctement dans les différentes parties du pays, elle trouve assez réducteur et malsain de vouloir la cloisonner dans une zone géographique spécifique. Ce refus de dissociation doublé dun sentiment d’appartenance à un Cameroun grand et uni, elle le manifeste à travers ses chansons dans lesquelles, elle alterne le français et l’anglais, les deux langues officielles du pays. Une option fédératrice qui lui permet de passer facilement son message et d’être comprise simultanément par les deux grandes communautés linguistiques du terroir. «Chanter en anglais et en français, c’est aussi une manière pour moi de présenter au public la richesse du bilinguisme qui existe au Cameroun».
À son actif plusieurs collaborations (Faniko, Petit Pays, Numérica, entre autres), et de nombreuses distinctions. Meilleure artiste féminine dAfrique centrale 2016 aux Afrimma (African Muzik Magazine Awards), Meilleure voix féminine successivement en 2016 et 2017, Chanson de l’année 2017 avec le titre Calée aux Balafon Music Awards… «Je ne suis pas surprise mais je ne m’attendais pas à un succès aussi rapide », avoue-t-elle au sujet de la chanson Calée, reprise en choeur sur toutes les scènes où elle s’est produite.
Cette belle et envoûtante voix parle avec beaucoup d’émotion quand elle évoque ses meilleurs souvenirs dans la musique, particulièrement le High First 2014. «C’était ma première grande scène, et jai été surprise par l’accueil chaleureux qui ma été réservé». Autre moment émouvant, ses échanges avec ses fans. «Ça me fait toujours plaisir quand mes fans m’écrivent et me disent qu’ils aiment ce que je fais, et m’exhortent à persévérer. Ce genre d’encouragements me vont tout droit au cur». Quant aux mauvais souvenirs, elle ne se souvient pas den avoir, même en fouillant longuement dans sa mémoire. La chrétienne pentecôtiste, membre depuis le bas âge de la Mission Plein Evangile où elle fait ses premiers pas de choriste auprès de sa mère, rend sans cesse grâce à Dieu pour tous ces bienfaits.

Garçon manqué ?
Issue dune fratrie de cinq enfants dont deux grands frères et deux petites surs, conçus dans un mariage polygamique, Njie Efundem, garçon presque manqué dans son enfance avec une propension à jouer avec les jeunes gens turbulents, se reconnait pourtant «un naturel timide». Malgré la notoriété, elle continue d’occuper humblement la place qui est sienne dans la famille, celle de cadette des garçons et aînée des filles. Le respect étant fondamental dans sa tradition banyangue. «Je suis restée la même avec tous le monde. Chaque personne a sa place dans mon cur. Et mes amies d’enfance sont spéciales pour moi ; à chaque rencontre, nous nous amusons et nous racontons nos beaux souvenirs».
Diplômée en psychologie, droit et management de l’Université de Buea, Daphné n’est ni mariée, ni même fiancée. Pas étrange pour une star ? Après un gros éclat de rire, elle chuchote : «Non. Mais il y a déjà un candidat assuré !». Une personne «bien positionnée» que l’artiste garde jalousement au secret. Et les hommes, comment les préfère-t-elle, question davoir une petite idée sur cet oiseau rare ? «Je les aime riches et intelligents».
L’un des soucis premiers de Daphné, pour l’instant, est de donner une autre dimension à sa carrière. Et pour cela, l’auteure de Promets-moi (suite de l’histoire de lamante Calée) ne manque pas de projets. Au rang desquels une tournée américaine prévue cette année. Une occasion peut-être, de réaliser pendant ce périple yankee, son plus grand rêve de l’instant : faire un featuring avec Rihanna.

Sujet Félix Epée – Photo Patrick Nelle / ICI