Fon Ignatius Echekiye, 53 ans, est le plus ancien journaliste sportif encore en service à la CRTV. Vingt-sept ans de carrière, trois livres publiés, dix participations à la Coupe d’Afrique des nations et cinq à la Coupe du monde de football. Un palmarès élogieux pour celui qui claqua la porte du séminaire et mit fin à ses rêves d’ingénieur pour suivre les traces de son idole Zacharie Nkwo.

En 2015 il avait publié un ouvrage sur Zac, intitulé Zachary Nkwo’s Ultimate Commentary. Ce dimanche de juin, où nous avons rendez-vous avec lui à son domicile pour sa séance photos, nous le retrouvons finalement à la tour de Mballa II, siège de la Cameroon Radio Television (Crtv). Le journaliste a été appelé en urgence par sa hiérarchie, pour réaliser un reportage sur son icône, décédée.

Issu d’une famille de sept, Ignatius perd son père Michaël Fon en 1975, des suites d’un empoisonnement. Il a onze ans. Sa mère Anasthasia reçoit le soutien de son petit frère Thomas Ndinayi, revenu de Londres. Cet oncle permet à ses deux frères, ses quatre sœurs et lui de faire des études. Cap sur l’université de Yaoundé en 1984, tout plein de confiance, pour vivre une désillusion immédiate : «Un anglophone qui sort de Bamenda où il entend rarement le français est obligé de faire ses études en français. Ça n’a pas donné. Après trois années de flottement, comme les reportages de Zacharie Nkwo à la radio me plaisaient beaucoup, je fais le concours de l’ESSTI, et je réussis !».

Il entre à l’école de journalisme en 1986, en compagnie entre autres de Lazare Etoundi, Evelyne Nganguen, Joe Chebonkeng, Marie-Marcelle Mpessa, Emmanuel-Jonas Kana, André Naoussi… Après trois ans de formation, Fon Echekiye est recalé à la session normale de novembre 1989, pour avoir choisi un sujet de mémoire jugé grave: Les reportages sportifs tendancieux à Cameroon Tribune. «Malheureusement, explique-t-il, le rédacteur-en-chef de Cameroon Tribune, Ebonkem Fomenky, était le président de mon jury !»

Il sera admis à la session de rattrapage.

 

Sujet Djeny Ngound – J.P. Kepseu / ICI