L’actrice d’origine camerounaise Marie-Philomène Nga s’est distinguée cette année en prenant part au Collectif «Noire n’est pas mon métier», regroupant seize comédiennes noires et métisses qui ont monté les marches à Cannes et épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.

Elles s’appellent Nadège Beausson-Diagne, Mata Gabin, Maïmouna Gueye, Eye Haïdara, Rachel Khan, Aïssa Maïga, Sara Martins Sabine Pakora, Firmine Richard, Sonia Rolland, Magaajyia et bien sûr Marie-Philomène Nga.
«Notre présence dans les films français est encore trop souvent due à la nécessité incontournable ou anecdotique d’avoir un personnage noir dans ce pays pourtant métissé qu’est la France», rappelait  Aïssa Maïga dans les colonnes du journal Le Monde.

Quant à Marie-Philomène Nga, elle s’est confiée dans ICI Cameroun N° 88 après avoir reçu le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival Vues d’Afrique, pour son rôle de Mamita dans Il a déjà tes yeux, un des dix films français les plus regardés de l’année 2017.

Pour celle qui est née à Douala de parents originaires de l’aire eton dans le Centre du Cameroun, l’année aura 2017 été riche en récompenses : Meilleure Actrice de la Diaspora aux Sotigui Awards du Burkina Faso, Prix du Leadership Féminin à Diaspora et Investissements Paris, Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival Vues d’Afrique, à Montréal au Canada.

Metteuse en scène, danseuse de formation et chanteuse, Marie-Philomène, a prêté sa voix dans des documentaires, doublages et post-synchronisations. La fille de médecin passée par le lycée technique de Douala et la troupe Les Génies Noirs, débarque en Suisse, en Italie puis en France pour décrocher le Bac en candidat libre à dix-neuf ans à Lyon. Suivent des spectacles dans toute la région Rhône-Alpes avec Coups de Pilon, troupe du Sénégalais Talla Momar Ndiaye. Elle est alors reçue au Conservatoire national d’art dramatique de Lyon.

«J’ai joué beaucoup de rôles d’infirmières dans Navarro, Falco. Il fallait que je sois rigolote ! Encore maintenant, je suis la mama africaine type au cinéma. Ce n’est pas le rôle de mère qui me dérange, mais d’être encore la maman d’un jeune noir délinquant», évalue la comédienne aux 20 ans de carrière, pour 21 rôles environ, qui va lancer cette année son spectacle musical.

 

Sujet: T. Minko’o – ICI Cameroun N° 88

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