La semaine dernière, le ministre des Finances Louis Paul Motaze mariait son fils Georges. L’événement était évidemment très couru par la jet-set de la capitale, le père du marié étant «l’un des hommes les plus puissants du Cameroun» selon le newsmagazine panafricain Jeune Afrique.

Connu comme un homme politique évitant les frasques et toutes choses ostentatoires, le ministre des Finances est resté droit dans ses principes. Sur cette photo de la cérémonie d’état civil organisée sur la terrasse d’un hôtel huppé de Yaoundé, on distingue un nombre réduit d’invités et surtout les jeunes époux (assis à gauche).

Georges Motaze travaille dans le domaine des douanes et sur un projet au Port autonome de Kribi selon des sources proches de la famille. Son épouse Fadimatou Iya Ibrahim, de père militaire, a étudié les relations internationales et est en poste sur un projet au ministère des Mines, de l’Eau et de l’Energie. Debout en train de marcher, c’est la fille de David Nkotto Emane, directeur général de la Cameroon Télécommunications (Camtel). Elle récupère un stylo que lui tend la mariée…

ARRIÈRE-PLAN POLITIQUE

Mais surtout, à l’arrière-plan, on distingue des personnalités venues assister à la cérémonie. Parmi elles, l’ancien ministre des Transports Edgar Alain Mebe Ngo’o. Ce détail vaut cher dans la mesure où le même Mebe Ngo’o a pris part au meeting de soutien et de remerciements organisé par le Rdpc, le parti au pouvoir, à Zoétélé. En effet, la nomination de Georges Elanga Obam comme tout premier ministre de la Décentralisation et du développement local ainsi que la désignation de Calvin Zang Oyono comme président du groupe Rdpc au Sénat ont constitué le motif de ce grand rassemblement assorti d’une promesse de 100% pour l’homme du 6 novembre le 7 octobre prochain. Responsable départemental du Dja et Lobo pour le parti, Louis Paul Motaze n’avait pas assisté au meeting à cause du mariage de son fils.

Si ce n’est pas pour le faste du mariage que l’événement a fait jaser au Sud, c’est bel et bien pour cette absence qui n’était pas impérative puisque Edgar Alain Mebe Ngo’o, comme plusieurs autres dignitaires du Sud et même d’ailleurs, a pu assister à la fois au meeting puis au mariage. Des sources assurent même que le responsable régional du parti Jacques Fame Ndongo (présent au mariage du fils Motaze) fut obligé de se faire représenter au meeting de Zoétélé malgré sa détermination à y prendre part. S’il était venu, l’absence de  Louis Paul Motaze aurait été considérée comme rien de moins qu’une offense.

Dans le département d’origine du président Paul Biya, il n’en faut pas plus pour que les accusations fusent, notamment dans l’arrondissement de Sangmelima où Louis Paul Motaze compterait de farouches contempteurs. Ceux-ci n’ont pas hésité à souligner la gravité de cette absence au premier vrai rassemblement dans la Région du Sud depuis que Paul Biya a annoncé sa candidature.  Pour eux, cette absence de Motaze était évitable et méritait d’être décortiquée dans les grands salons de l’élite sudiste. Vivement la campagne !

J.E