Dans la ligne de mire de nombreux critiques depuis son élection, Aimée Caroline Nseke (photo) rentrera vraisemblablement dans l’histoire comme la dernière Miss de l’ère COMICA.  Voici en dix dates l’effondrement du mythe Miss Cameroun.

 

2008 : Joëlle Audrey Amboague fut la première Miss métissée, la première aussi à entrer ouvertement en guerre contre le Comica. Sa voiture de lauréate fut confisquée.

2009 : Anne Lucrèce Ntepp dénonce un temps long entre sa victoire et la remise des cadeaux. Elle déclare que le Comica fait lire les contrats la veille de l’élection. Elle-même est taxée de tricherie sur son âge. La couronne lui sera retirée.

2010 : Marie-Barbara Matagnigni voit son élection entachée par l’absence de Miss Cameroun 2009.

2011 – 2012 : Sophie Christine Ngnamgnouet est une lauréate 2011 sans histoire digne de passionner les médias, mais il n’y aura pas de Miss en 2012.

2013 : Valérie Denise Ayena devient Miss Cameroun, mais d’aucuns contestent un parachutage de cet ancien mannequin en Afrique du Sud où elle a été couvée par la Base Model Agency.

2014 : Larissa Ngangoum, émigrée à 14 ans aux États-Unis où elle vit au moment du concours, est désignée Miss Cameroun. Une partie de la salle la hue, peu convaincue par sa beauté.

2015 : L’organisation de la soirée en présence de la Première dame est jugée médiocre par nombre de spectateurs. Jessica Lydie Ngoua Nseme est élue, en dépit d’une maigreur peu représentative de la femme camerounaise.

2016 : Sur fond de voyage avorté aux États-Unis pour le concours Miss Monde, Julie Frankline Cheugueu Nguimfack est destituée pour insubordination par le Comica, qui est lui-même taxé d’affairisme.

2017 : Toutes les dauphines ont refusé la couronne de Miss après l’affaire Cheugueu. Le titre échoit à la 4e dauphine, Michelle Ange Minkata Akomo.

 

2018 : Aimée Caroline Nseke, nouvelle Miss et résidente suisse, est accusée de ne pas connaître les paroles de l’hymne national, tandis que sort le brûlot Une dauphine dans un monde de requins, écrit par Audrey Aboula, première dauphine de Miss Cameroun 2016.

Au moment où Caroline Nseke croule sous les ovations du palais des Congrès de Yaoundé au soir de l’évènement, une autre étudiante, Caroline Biloa Kounou, représentant la région du Centre dans la même compétition, écrase des larmes dans les backstages. La couronne venait de lui échapper parce qu’elle a, dit-elle, été «bloquée dans les vestiaires». La candidate malheureuse arborant le brassard numéro 20 ce soir-là était attendue sur le podium pour rivaliser d’éloquence avec ses concurrentes. Elle ne se présentera pas.

En juillet 2018, le Tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif a confirmé Caroline Nseke dans son mandat et sa mission de Miss Cameroun. Trop tard : le 20 décembre 2018, le Gouvernement décide de retirer l’organisation du Concours au Comica.

 

(Avec Irène Mbezele) – ICI Cameroun