Jean Valère Edou, ingénieur informaticien, est le fondateur de “cameroon-info.net”, le site d’information le plus visité par la diaspora camerounaise. Ce fils d’instituteur s’est bâti une histoire et des ambitions qui n’ont rien de virtuel.

 

«J’ai longtemps travaillé comme expert des bases de données Oracle avant d’évoluer vers d’autres produits notre Serveur d’Applications Oracle Application Server et, depuis l’année dernière, Oracle Access Manager 10g, qui est une suite d’applications de notre offre Identity Management, dont le but est, en termes simples, d’aider l’entreprise à protéger et à contrôler l’accès à ses ressources », confiait Jean Valère Edou à ICI.

Le chemin aura été long avant d’en arriver là. Après l’obtention de son baccalauréat série C au lycée d’Ebolowa en 1985, Jean Valère s’envole pour l’Europe grâce à une bourse du gouvernement. A l’École Polytechnique de l’Université de Bruxelles, il tombe sur un article de presse mettant en lumière le niveau embryonnaire de l’informatique en Afrique et les perspectives de cette filière. Jean Valère est séduit.

Il passe un examen d’ingénieur électricien mécanicien, option informatique électronique. Il complète ses études avec un diplôme de 3e cycle en réseaux et télématique. Par la suite, il travaille comme développeur freelance et prof de sciences physiques au Lycée Molière de Bruxelles. En 1996, il est recruté à Tractebel Informations Systems, une entreprise d’ingénierie basée en Belgique. Durant près de deux ans, Jean Valère connaît un vrai épanouissement professionnel en exerçant entre autres comme administrateur système au sein de la Commission Européenne à Bruxelles.

 

PARTAGER “L’INFO DU PAYS”

Quand il décroche un emploi chez le leader de l’ingénierie informatique, c’est pour lui une sorte de miracle. Avec Oracle, il pressent que l’Europe est étroite pour ses ambitions. Ce faisant,  Jean Valère Edou est affecté à la Silicon Valley à San Francisco Bay Area, Californie, en qualité de “Senior Systems Engineer Specialist”.

C’est là qu’il éprouve un besoin de partager “l’information du pays” avec les Camerounais de la diaspora. Ainsi commence l’histoire de “cameroon-info.net”.

En février 2000,  Edou crée un portail dynamique sur le Cameroun avec au centre, un journal en ligne, qui offre des bulletins d’information quotidiens et de l’information complète en continu. Et autour, une série de services (forums de discussions, commerce électronique, courrier, annonces). “cameroon-info.net” s’attire rapidement l’estime des Camerounais restés au pays, et surtout de la diaspora.

En 2006, le site a enregistré un taux de fréquentation d’environ 450.000 visites par mois. Avec le lancement de l’application multimédia depuis janvier 2007, le nombre de visiteurs a considérablement augmenté. Par ordre décroissant, les visiteurs du site viennent principalement de la France, des États-Unis, d’Allemagne, du Canada, du Royaume Uni, de la Belgique, de Suisse, d’Italie, des Pays Bas, du Maroc, d’Afrique du Sud,du Sénégal, de Côte d’Ivoire…

Les États-Unis ? «La première précaution, dit-il,  est d’éviter de croire qu’il suffit de débarquer aux USA pour que subitement les rêves se réalisent. Il importe, avant toute chose, de prendre les dispositions nécessaires afin de vous assurer que votre statut dans le pays vous permet de travailler et d’étudier en toute légalité ».

FILS DU PAYS
Son père Michel Edou, fut un instituteur qui amenait la famille sillonner les routes du pays au gré des affectations. Cette période de sa vie lui revient en tête comme un pays de Cocagne où il peut revenir se ressourcer : les images des vacances,  des retrouvailles avec les proches, les moments de pêche dans la Mvila avec son grand-père, la visite “obligatoire” à sa grand-mère chez qui il a appris à chasser le gibier, à tendre des pièges, à jouer de la guitare, aux balafons. Les trois dernières années passées au Lycée d’Ebolowa; des “années vraies, très intenses, avec des amis sincères”, dit-il.

Son prof de mathématiques de 3ème, du nom de Fabien Dongmo, son prof de physique en première et terminale C, feu Bodo Niba. Tous lui manquent aujourd’hui, autant que sa mère Alice qu’il ne reverra hélas plus! Il laisse passer une minute de silence…

Mais, même partie sa mère garde une place de choix dans sa vie grâce notamment à ces enseignements qu’elle n’a cessé de lui prodiguer : “La valeur, l’importance du travail, l’ambition, le respect, la droiture, puis la connaissance et la crainte de Dieu”. Jean Valère Edou est donc fier de tout cela, mais davantage plus encore de son fils Bryan, né de l’union avec Félicité qu’il a connue à l’université et avec qui il s’est marié en 2000 aux États-Unis.

 

Texte : John Lyndon – Photo: Jacques Saives- ICI Cameroun

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