Il était de ces rares personnalités du sérail dont on pouvait dire qu’elle avait l’oreille du président de la République. Jean Foumane Akame était jusqu’à ce 13 janvier 2019 conseiller juridique à la Présidence de la République Cameroun.

En réalité, ce magistrat hors échelle était un de ces stratèges de l’ombre, aussi craint que courtisé depuis le déclenchement de l’Opération dite Épervier dont beaucoup à Yaoundé croient qu’elle était en réalité pilotée par ses soins. Cette opération a valu à plusieurs anciens hauts dignitaires du régime d’être embastillés sous des accusations de corruption, notamment de détournements de deniers publics.

A en croire Médiapart, il était considéré comme faiseur et défaiseur de carrières des magistrats au Cameroun, de par son poste de secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature.

 

CARRIÈRE EXCEPTIONNELLE

Le natif de Ndonkol dans le Dja et Lobo, cousin de Paul Biya, fut intégré dans la Magistrature en 1966 après un passage à l’Enam. Il sera tour à tour Vice-président de la Cour d’Appel de Dschang, Conseiller et Président de la Chambre Administrative de la Cour Fédérale de Justice, président de la Cour d’Appel de Garoua, Président de la Cour d’Appel de Yaoundé puis secrétaire général du Ministère de la Justice et Chancelier de l’Université de Yaoundé.

Lorsque Paul Biya accède à la magistrature suprême, Jean Foumane Akam devient Ministre de l’Administration Territoriale (18 juin 1983 au 7 juillet 1984). Le 22 novembre 1986, il est nommé Conseiller Technique à la Présidence de la République sur les questions juridiques.

Ce haut commis de l’Etat, membre du Conseil constitutionnel depuis le 7 février 2018, fut également président du conseil d’administration de l’Université de Yaoundé I, président du Tribunal de la Francophonie et membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) le parti proche du pouvoir.

Jean Foumane Akame a été évacué à Genève en Suisse au matin du 13 janvier 2019 par avion médicalisé, après une attaque cardiaque. Il a fini par quitter les siens aussi discrètement qu’il avait vécu. Il aurait eu 82 ans au mois d’août.

 

TM – JPK – ICI Cameroun