Dans la foulée des marches réprimées samedi dernier à Yaoundé, Mbouda, Bafoussam et Douala, une cinquantaine de manifestants se présentant comme des opposants au président camerounais Paul Biya ont envahi l’ambassade du Cameroun à Paris (photo), saccageant notamment des portraits du chef de l’État, rapporte Jeune Afrique.

A en croire Le Monde, 117 personnes ont été interpellées lors de marches non autorisées qui ont réuni des centaines de personnes dans plusieurs villes du pays, ont annoncé les autorités dans un communiqué obtenu dimanche.

 

PRESTATIONS CONSULAIRES SUSPENDUES

«Suite aux actes de vandalisme perpétrés dans les services de la mission diplomatique et consulaire du Cameroun à Paris le samedi 26 janvier 2019, les prestations consulaires au sein du Consulat général sont suspendues jusqu’à nouvel ordre», a écrit dans une note de service, Antoine Ahmadou, ministre conseiller, chargé d’Affaires par intérim à l’Ambassade du Cameroun à Paris.

Ces interpellations, poursuit le journal français, ont eu lieu lors de manifestations organisées par le parti de Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle du 7 octobre qui ne reconnaît pas le résultat officiel validé par le Conseil constitutionnel.

En réaction, le Barreau du Cameroun a exprimé sa solidarité envers plusieurs avocats du MRC blessés comme Me Michelle  Ndoki ou aux arrêts comme  Me Emmanuel Simh, Me André Marie Tassa, Me Alphonse Ngaliembou, arrêtés.  Me Charles Tchakoute Patie, le Bâtonnier a «exhorté les autorités à libérer ces avocats, la détention étant une mesure d’exception».

 

CONDAMNATION DE LA CLASSE POLITIQUE

Selon Anicet Ekane du Manidem, «il fut condamner avec la dernière énergie ces actes de vandalisme».

«Tout acte de destruction est par essence négatif», renchéri Serge Espoir Matomba du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS).

Lundi matin, le journal camerounais Info Matin titrait en couverture «Atanga Nji dissout le MRC», relayant une rumeur selon laquelle le ministre de l’Administration territoriale s’apprêtait à rendre publique une décision portant interdiction  du parti dirigé par Maurice Kamto.

«Au moment où le Cameroun s’achemine résolument vers son émergence, tout doit être et sera fait pour préserver la paix et la stabilité», a réagi le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, au cours d’un point de presse.

Secrétaire général adjoint du Comité central du parti au pouvoir, Grégoire Owona s’est montré logiquement indigné : «Des militants d’un parti politique et leurs sympathisants viennent de franchir à mon humble avis la ligne rouge, entre autres en saccageant plusieurs ambassades du Cameroun. Au nom de quoi peut-on agir ainsi ? Cela est inadmissible et inacceptable».

 

LE SDF SE SOUCIE DES BLESSES

De son côté, le Social democratic front (SDF) par la plume de son secrétaire général Jean Tsomelou a condamné les violences exercées sur des cadres du Parti de Maurice Kamto à Douala, Yaoundé, Mbouda, Bafoussam ce week-end. Le SDF a appelé les Camerounais à se mobiliser «pour défendre leur droit constitutionnel» et s’est engagé pour «une concertation avec des élus et toutes les forces politiques positives à conduire cette mobilisation pour le changement».

L’écrivaine Calixthe Beyala, a résumé les événements à sa façon : «D’abord choquée (…) j’ai déploré cet état de chose qui explique que l’on ne puisse faire une manifestation pacifique au Cameroun… Ensuite, mon œil a été attiré par les blessures : d’abord le pantalon était déchiré en tout sens au lieu du trou net en général provoqué par une balle ; ensuite j’ai vu la et les blessures… aucun saignement autour malgré les garrots… Les pantalons étaient  secs ; le sol où était sensé être couché la et les victimes aussi. Tout était net… Quelle tristesse ! En arriver à ces comédies pour mobiliser les Camerounais en faveur d’un candidat qui a été battu lors des dernières élections au Cameroun, voilà qui me laisse perplexe !!! »

 

Justin Emane – ICI Cameroun

 

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