Marcel Amoko, fondateur de la chaîne Kalak FM et ancien présentateur vedette de BBC Afrique, un temps promoteur d’Africa News Network 24, (Web Tv lancée pour relayer l’information africaine en continu) savoure sa belle revanche, lui qu’on croyait inapte à la pratique de la radio !

Pour ceux qui le connaissent, des amoureux de radio pour la plupart, son nom est synonyme de prestige : C’est le Camerounais  qui a réussi à la British Broadcasting Corporation (BBC). Journaliste  et présentateur vedette du journal sur BBC Afrique avant de rentrer au Cameroun, sa voix grave et chaude à elle seule, aura été un cachet sans encre, reconnaissable entre mille. Une voix dont il se sert encore aujourd’hui comme d’un instrument de travail à part entière. Avec assurance et aisance.

Pourtant il n’en a pas toujours été ainsi. Au contraire, on le disait inutile pour la radio.

 

STAR DU CLUB JOURNAL AU LYCÉE

Pour le jeune homme qu’il était alors, la radio a de tout temps été un rêve. Mieux, un rêve d’enfant. Et le journalisme une passion dévorante. Dans les divers établissements scolaires où il a fait ses classes, le beau « brun » au grand sourire à mi-chemin entre le charmeur et le timide s’est systématiquement illustré par son engagement dans les clubs dédiés à sa passion.

Au lycée de Buea dans le Sud-ouest du Cameroun où il obtient son Bac A4 en 1985, Amoko est l’un des « journalistes » de l’établissement. Il en sera de même à l’Université de Yaoundé, où il est inscrit à la Faculté des Arts pour étudier les Lettres Modernes Françaises. La radio est la compagne de ses heures solitaires nombreuses malgré un bonheur familial indéniable et les nombreux copains qui apprécient sa simplicité et son affabilité.

 

IGNORE PAR SES IDOLES DES ANTENNES

Les Michel Ndjock Abanda, Joseph Marcel Ndi, Charles Ndongo et autres Keye Ndogo (stars de la radio diffusion à l’époque) nourrissent son intellect, son imagination et guident ses rêves. Mais quand il tente d’enter en contact avec eux, écrivant des lettres dégoulinant d’admiration, il ne reçoit jamais de réponse.

Et lorsque, arrivé en France après son Deug en 1989, il se présente à un test pour travailler à  la BBC, l’examinateur lui assène d’un ton sentencieux qu’il ne peut faire de la radio. Et pour cause, sa voix ne serait pas assez bonne. Une grosse frustration que Marcel devra digérer pour avancer. Quelques années plus tard, la vie lui rend justice. Dans cette même radio, d’autres examinateurs trouveront sa voix et son style sublimes. Juste ce qu’il faut pour être la voix de cette radio sur le continent noir. Le voilà présentateur attitré des journaux de BBC Afrique.

 

IL NE LÂCHE RIEN

La détermination et le courage. Voilà deux mots qui fusent toujours quand on décrit Marcel Amoko. Et ce n’est pas par hasard s’il sort de l’Ecole des Hautes Etudes de Politiques et Sociales de Poitiers muni de son Doctorat 3e cycle en Sciences Politiques, Relations Internationales et Journalisme. D’ailleurs, les nombreuses radios auxquelles il a prêté ses talents et sa fameuse voix sont autant de preuves que la passion et le rêve sont devenus réalité malgré l’adversité : TV5, Tabala FM, Africa N°1…

Les magazines où ses articles ont fait le bonheur de lecteurs sont nombreux : Ici Paris, Nouvelle Afrique Asie, et on peut encore le lire dans Afrique Magazine. Son travail contribue, autant que faire se peut, à montrer l’Afrique autrement, à mettre des talents en lumière sur la place internationale.

C’est ce feu de l’Afrique qui brûle en lui qui l’a conduit à initier son propre projet de Web TV, une télévision sur la toile qui donne de l’information africaine en long, en large et en continu. C’est son bébé chéri, il l’a appelé Africa News Network 24 (ANN24). Lancée en janvier 2008, cette Web TV concentre les ambitions de Marcel et ses rêves.

 

LA DÉSILLUSION VOX AFRICA

Avant ANN 24, ce même feu l’avait déjà conduit à s’investir ardemment dans la mise en place du projet Vox Africa, une chaîne de télé panafricaine. Mais avec ses compères, le courant n’était pas toujours fluide. Et leurs chemins n’ont guère tardé à se séparer.

En 2011, il a finalement lancé Kalak FM («raconte» en langue bassa – lui-même étant du Grand Mbam). Depuis 2011, Amoko et son équipe disent, racontent et parlent sur la fréquence 94.5 sur cette chaîne dont le traitement de l’info s’applique à éviter le sensationnel gratuit.

 

Texte : Gaëlle Moudio Ndedi – Photo : Fernand Kuissu – ICI Cameroun